• Ecrire à partir d'une photo (6)

    Nouvel inducteur :

    Sources : http://www.imagesud.com/photographie-art/?cat=37

    Retour des copies mercredi prochain, le 10/07.

     

    Voici donc les productions !

     

    1/ Par Canrensucr :

    Je savais que c'était une mauvaise idée de suivre Linda ce soir, je n'avais pas envie de sortir. Paraît qu'il faut toujours écouter sa première idée. Mais paraît aussi qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.


    Après la journée horrible que j'avais passée (encore ce pauvre type qui passe toujours à ma caisse mais qui râle que ça va pas assez vite, et puis ça passe pas au bon prix, et puis qui me laisse la moitié de son caddie car n'a pas assez d'argent...), je ne rêvais que d'une chose : une soirée tranquille, en tête à tête avec ma pizza. Mais ce coup de fil de Linda, et son insistance, avait eu raison de ma paresse... Après 2 bonnes heures dans la salle de bain, je me trouvais … comment dire... presque Barbiénne. Comme la poupée quoi. Ca ne me ressemblait pas mais bon quitte à sortir...

    On avait donc rejoint le MacumbaNight. Elle adore cet endroit Linda. Je ne sais pas pourquoi, l'ambiance est nulle. 10 minutes après notre arrivée, elle était déjà partie aux bras d'un « apollon » (à ses yeux hein, parce que moi je le trouvais plutôt fadasse ce type) et je me suis retrouvée plantée là, au milieu de tous ces inconnus... Et pour couronner le tout, je me suis pris un tabouret de bar et me voilà avec un beau bleu sur la joue, non mais regardez à quoi je ressemble !

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    2/ Par DelphineG63 :

     

    Il était une heure. Tout le monde sait qu'on ne m'appelle pas à ce moment-là. C'est sacré la sieste. Alors, quand le téléphone a sonné, j'ai sursauté, je me suis posé des questions. C'est pas mon habitude mais là, je me suis levée et j'ai répondu.

    C'était le Musée Grévin. J'étais vraiment surprise. Que me voulaient-ils ? Le conservateur voulait savoir si je désirais récupérer ma statue de cire. Je n'avais jamais entendu dire que c'était possible. J'ai donc demandé pourquoi. Il m'a répondu que les sous-sols étaient trop encombrés, qu'ils devaient faire de la place pour stocker les stars de la téléréalité. Je n'ai pas su quoi répondre, j'ai raccroché, abasourdie...

    Que je ne sois plus exposée, je peux le comprendre. Je sais bien que je suis une inconnue pour les nouvelles générations. Depuis mes succès dans les années 30, l'eau a coulé sous les ponts. Mais, préférer stocker ces imbéciles d'un jour, plutôt que moi, j'ai été choquée. Je n'ai pas pu me rendormir cet après-midi là.

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     3/ Par Ljubljana :

     

    "Mademoiselle, je vais vous dire franco de port pourquoi vous avez été recalée au casting pour être stagiaire dans la classe du maître formateur émérite qu’est Ljub. Tout d’abord, il vous faut un sourire : ce n’est pas en faisant la tête que vous allez réussir à vous faire accepter. Ljub n’aime que les femmes joyeuses. Ensuite, il n’aime pas les coiffures qui obstruent le visage. Avec une telle mèche, vous allez passer un temps fou à vous recoiffer, à la remettre en place en soufflant dessus. Votre vigilance, vous devez la consacrer aux élèves : pas à votre coiffure. Et je ne parle même pas du maquillage : gardez votre fard à joues et votre rouge à lèvres pour d’autres occasions. Les élèves veulent des enseignants efficaces et disponibles, pas des bimbos. Un point positif cependant : en ouvrant le cadenas de votre ceinture de chasteté, vous avez fait un pas important vers Ljub : il ne vous gardera pas comme stagiaire, mais vous avez toutes vos chances si vous voulez le draguer. Sur ce, bon vent !"

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     4/ Par Mme Têtard :

    Elle m'appelle Ruth. A ma droite, sur l'étagère, il y a Marie, la Parisienne. A ma gauche, Katell, la Bretonne. La petite Faustine aime bien  nous dépoussiérer, arranger les plis de nos robes, redresser nos coiffes. Je suis l'Alsacienne, comme elle. C'est pourquoi je suis sa préférée. Ses parents m'ont offerte à la petite il y a 2 ans, pour ses 5 ans. Et justement la voici qui...Que s'est-il passé? Quelle était cette explosion? J'ai entendu un avion puis... plus rien... il fait si sombre... Je suis tombée de l'étagère, et je crois que j'ai un peu brûlé. 

    ***

    J'avais un peu brûlée, oui. Mais je n'étais pas tombée de l'étagère. C'est le mur entier, qui était tombé, cet épais  mur en pierre, celui qui cachait le coffre fort de Madame Fuhrmann... Je suis restée, là, des années durant, enfouie dans les décombres, à côté de ce coffre, ouvert, et vide. Et puis un jour,  j'ai entendu des pas, des cris. Des petites mains ont gratté la terre, et m'ont sortie de là. Le cliché a fait le tour du Monde :

     "L'arrière-arrière petite fille de la célèbre résistante retrouve l'une des poupées de son arrière grand-mère dans les décombres de la maison familiale." 

    Ce que l'article ne dit pas, c'est que j'étais aussi la préférée de Madame Furhmann. Un jour, ils trouveront peut être, dans ma coiffe, les plans qu'elle y avait cachés.   

      

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    5/ Par abcdefgh :

    Bientôt, je ne serai plus son jouet. Je ne serai plus celle qui passe après toutes les autres, les autres de chair et d’os, qui vont et viennent chez lui, séduites, offertes, et à qu’il n’ose pas faire de mal.  A qui il ne fait rien d’ailleurs : on boit un verre, on se caresse, et ensuite il leur faut partir.

    Car Monsieur l’Apollon est impuissant.

    Bientôt, je ne serai plus son souffre-douleur. Je n’épongerai plus la colère qui l’envahit quand sa Belle d’un soir est partie, étourdie et déçue, et qu’elle ne reviendra pas.

    Hier soir, j’ai entendu la porte d’entrée se refermer, et une voix de femme dire « on s’appelle ? on se revoit ? », d’un ton de fausset qui laissait entendre le contraire. J’ai su que j’allais morfler.

    Ecumant de rage, tu es descendu, une fois encore, me trouver à la cave. Mais tu as glissé.

    Je n’ai rien pu faire pour toi, désolée : je ne suis qu’un tas de bois peint.

    Et te voilà couché, misérable, immobile, à mes pieds. Tu ne respires plus à présent, et ton corps commence à sentir.

    Je ne suis plus ton jouet. Quelqu’un va venir me chercher, me réparer, on me mettra dans une brocante, et un vieux monsieur respectable m’achètera pour ses petits-enfants.

    J’aimerais tant voir des enfants.

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     6/ Par Chableu :

    "C'est une poupée qui dit non, non ,non...".

    6 mois maintenant.

    6 mois déjà.

    6 mois enfin.

    J'écoute en boucle cette chanson de Polnaref. Pas vraiment en boucle. A sa fin je rêvasse un peu. Je l'ai foutue dehors. J'ai pas compris tout de suite pourquoi. J'avais eu LA poupée. Celle dont tout le monde rêvait. Mais ici, aujourd'hui, à des kilomètres de chez moi : j'ai pigé... Plongeur archéologue, je viens de trouver tout un tas de bazar dans ce fichu rafiot. Quand j'ai ouvert le cadenas, j'ai trouvé le mannequin. Comment tous ces vieux trucs que je lui ai mis dessus peuvent-ils rendre à ce point compte de sa beauté et de son esprit? Je lui ai fait un air triste : c'est mieux comme ça.

    Et là finalement, je percute qu'elle n'avait rien d'humain LA poupée.


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