• Ecrire à partir d'une photo (9)

    Nouveau défi : 15 lignes à partir de cette photo de Jean-Pierre Meignen.

    Publications de vos textes le 10 août.

     

    Source : http://photos.linternaute.com/photo/1127147/1022736087/1357/echelle-de-plombiere/#1357

     

    Voici dans un premier temps les textes sans leurs auteurs (ils veulent rester anonymes pourle moment. Caprice de stars, que voulez-vous ?)

     

    Edit : ça y est, j'ai les noms !

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    Texte 1 : par stephan

    Une petite pensée pour eux
    - Tu m’aides à porter ma valise s’il te plait

    - Attends, tu vois bien que j’ai les mains prises

    [Voie 3. Le TGV 8706 entrera en gare. Eloignez-vous de la bordure du quai.]

    - Ah le voilà enfin ! C’est pas trop tôt. Le chauffeur pourrait aller plus vite…

    Elle ne le savait pas encore mais cette phrase allait prendre un tout autre sens quelques heures plus tard. Pour beaucoup, ce voyage aura été le dernier voyage et un aller simple vers une destination bien différente de celle initialement prévue … Cette homme n’aura pas eu l’occasion de rappeler son ami d’enfance pour lui confirmer sa venue en septembre. Et cette jeune femme ne se demandera plus pourquoi son frère a régi comme il l’a fait lors du dernier repas de famille et pourtant elle s’était jurée de le rappeler le lendemain…

    Ce jour-là, pour beaucoup de personne, le voyage se sera terminé dans un wagon de coton roulant sur des rails en bois vers un monde plus paisible.

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    Texte 2 : par Mme T

     

    Chapitre 1: La fuite.

    Piz sursauta. Cela faisait des heures qu'il était là, tapis dans les fourrées, dans la Forêt, osant à peine bouger. Accroupis pour se cacher, il se forçait à respirer lentement. Le moindre souffle, le moindre mouvement d'oreille, -qu'il avait pointue- risquait d'alerter les sbires de l'Ankou.

    Une heure auparavant, il avait pu prévenir la Princesse des mauvais plans de l'Affreux par l'intermédiaire de son amie Zéliane. Repéré, il avait dû s'enfuir, et à présent, il sentait ses ailes se froisser dans son dos et craignait qu'elles ne se déploient pas comme il le voudrait le moment venu.

    Les horribles ombres rôdaient toujours, attentives et terrifiantes silhouettes difformes et silencieuses flottant avec une grâce inquiétante entre les arbres centenaires et torturés de la forêt. Quand soudain...il y eût des mouvements précipités, des cris étouffés dans les profondeurs de cette partie très sombre et touffue de la forêt. Les sbires de l'Ankou s'éloignèrent promptement sans que Piz ne comprenne pourquoi.

    Et puis...

    - pssst ! Piz ! Regarde là-haut !

    Piz n'osait pas encore bouger, craignant un piège, mais la voix cristalline qu'il entendait ne lui était pas inconnue. Zéliane ? Etait-ce possible ?

    Piz leva doucement la tête, retenant son souffle. Ce qu'il vit ne l'étonna pas mais le fit sourire. La petite fée avait ouvert une outre-porte. Il lui suffirait d'emprunter cette échelle, et il pourrait s'enfuir avec elle. Ils auraient gagné. Piz fit un mouvement pour attraper l'échelle éphémère de sa petite main aux ongles crochus... (à suivre) 

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    Texte 3 : par Kiko

    "Bon alors ma p'tite Dame, on le balance où le piano?"

    Jane sursauta. Décidément ce gros balourd représentait tout ce qu'elle détestait chez les hommes. Elle ferma les yeux et chassa de son esprit ces mauvais souvenirs. Non, décidément, elle prenait un nouveau départ, exit Lord Chatterley, désormais, elle serait heureuse dans cette cabane avec Tarzoon.

    "Ma p'tite Dame, vous allez vous manier l'train parce que là j'ai un autre déménagement à faire moâ! Alors je vous le laisse là?"

    Tournant la tête vers lui, elle désigna l'échelle et avec son plus beau sourire, elle lui répondit:

    "Non mon ami, voyez ... là, je souhaite que vous le montiez dans ma chambre."

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    Texte 4 : par Sev02

     

    Voilà, je suis en bas, prêt à monter sur cette étrange échelle. Elle m'appelle.

    J'ai envie de monter. J'ai envie de monter voir là-haut. Qu'y aurait-il? un château au milieu des nuages?

    L'échelle est apparue là cette nuit, comme ça.

    Cela aurait-il un rapport avec les cure-dents magiques que maman a jeté par la fenêtre hier soir. Elle était drôlement en colère maman. Elle m'a puni, m'a envoyé au lit sans dîner. Elle a dit que j'étais bête d'avoir échanger notre vache contre cinq cure-dents. J'ai tenté de lui expliquer que l'homme m'avait dit que c'était des cure-dents magiques. Elle n'a pas voulu écouter.

    N'empêche l'échelle est là et elle m'appelle: Jack.... Monte Jack... 

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    Texte 5 : par abcdefgh

    Melravize posa le dernier barreau, celui qui était tout près de la Terre. Sa main effleura le sol interdit, ce qui provoqua comme une décharge dans tout son corps. La peur, peut-être, mêlée à une curiosité, un espoir, infinis. Elle jeta un coup d’œil à droite et à gauche : il faisait nuit, mais sa vue perçait l’obscurité.

    Aucun humain en vue.

    Elle écouta quelques minutes les bruits de la forêt, dont la musique silencieuse, faite de sève qui bruisse et de feuilles qui tintent, lui parut magnifique, puis remonta prestement l’échelle de bois, pour regagner le Rocher Suspendu.

    Malgré son corps souple et infatigable, la montée lui parut longue, et elle douta un court instant qu’un humain ait un jour le courage de l’affronter. Elles savaient qu’ils étaient plus grands et plus lourds qu’eux, que leurs membres n’étaient plus adaptés à un tel effort.

    Il faudra sans doute attendre longtemps, avant que l’un d’eux ne se risque à gravir ces 20 km d’échelle qui les reliaient maintenant.

    Melvize attendrait secrètement le temps qu’il faudra. Malgré la difficulté, elle était persuadée que la rencontre aurait lieu.

     Arrivée en haut, elle camoufla l’entrée de l’échelle, puis se coucha en boule un moment pour se remettre de son ascension. Elle croqua quelques cailloux de sa mâchoire puissante, lissa son poil ébouriffée par endroits, et frotta ses antennes l’une contre l’autre, s’assurant ainsi que personne ne l’avait vue.

    Elle savait qu’elle risquait gros.

    Tout contact avec les humains, de quelque nature qu’il soit, était strictement interdit. Si quelqu’un de la Ville de Pierre découvrait son installation au bord du Monde, elle subirait sans doute le sort de ses prédécesseurs. Le Conseil des Sages déciderait de la faire jeter dans le vide.

    « Ils ne doivent pas savoir que l’on existe. Ils nous massacreraient pour une poignée de ces cailloux qui nous nourrissent chaque jour, disait le Vieux Sage, en croquant avec mépris quelques diamants. »

    « La découverte ne les intéresse que si elle est leur permet de s’enrichir, continuait-il »

    Balivernes ! pensait Melvize du haut de son insolente jeunesse. Radotage de vieux paranoïaque ! L’humain qui gravirait son échelle se ficherait bien de ces cailloux. Il viendrait à sa rencontre pacifiquement, et leurs deux peuples s’enrichiraient mutuellement de leurs cultures.

     Melvize descendit discrètement dans la Ville Intérieure par une brèche dans la roche, et, prenant garde de ne réveiller personne, retrouva sa couche.

    Dans son rêve, encore une fois, un humain lui caressait doucement la tête, et ce contact la remplissait d’une douce chaleur.

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    Texte 6 : par DelphineG63

    Il n'en voit pas le bout. Il grimpe depuis une heure à bonne allure, ne se retourne jamais. Il ne peut pas s'arrêter, il a peur de ne pouvoir repartir. Il ne peut pas faire demi-tour, il ne veut pas affronter sa mère, après cet échange raté pour lequel elle l'a puni. Pourtant, cette tige immense et sans fin est là, maintenant, à l'endroit où les graines sont tombées.


    Il monte encore, le long de cette tige épaisse et rugueuse. Il lève la tête, ne voit que des branches et des feuilles, encore aucune cosse... Au-dessus, c'est l'inconnu.

    Il espère juste que cette tige géante lui donnera des haricots géants. Il pourrait les vendre à bon prix au marché. Sa mère lèverait peut-être sa punition.

    Il gravit encore les barreaux de l'échelle en bois, un par un, dans l'espoir d'améliorer ainsi son sort...

     

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    Texte 7 : par stl

     

    « Pourri, pourri, pourri ! J'vous dis !

    Ras le bol !

    J'avais rien demandé moi !

    6 heures de voiture, à venir dans un coin pommé loin des autoroutes, une chaleur à mourir !

    Ah le copain, quand j'le tiendrai celui là !

    Et infesté de moustiques qu'il est ce coin ! Grrrr ! »

     - Chériiii !!! j'adore !!     T'as vu cette échelle ? On ne sera pas embêté au moins là ! Hihihihi !

     

    « pourri d'copain qui lui a offert une box pour SON anniversaire, c'etait pas le mien !

    Ah pour sûr, oui, ca va être sympa les 2 nuits insolites 'cabane dans un arbre' ! »

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     Texte 8 : par Mecarson

     

    Des troncs, des branches, un chemin. Un regard furtif vers la cime ?

    Des branchages obscurs et profonds obscurcissent un horizon bien absent. Une main, puis l’autre. Je m’attache à cette source de vie pourtant bien froide. Un pied puis l’autre, j’escalade. Je crois m’élever, mais la lumière se joue de moi. Je progresse à pas lents, marche après marche, branche après branche. Les craquements de brindilles s’évanouissent, les branches dénudées et mortifères disparaissent. Un ballet verdoyant de feuilles légères révèle quelques raies de lumière. Le feuillage s’éclaircit. Encore une marche, encore un pas… La chaleur m’envahit. Le ciel se dévoile, grand, libérateur. Un bref regard en arrière me rappelle le froid, la peur et l’angoisse. Je m’accroche à mon nouvel horizon, promesse d’un ailleurs, différent et incertain. Parvenue par delà les hauteurs, je m’oublie, et je deviens cette ultime branche, ce nouveau jalon, qu’un jour, une autre dépassera.

    Ces rails libérateurs arborent fièrement leurs entailles, empreintes de vies oubliées, empruntes du temps passé.


  • Commentaires

    1
    Madame Têtard Profil de Madame Têtard
    Dimanche 11 Août 2013 à 14:18

    Chouette fournée! 

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